Max Tenrom, l’hyperactif

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Avec plusieurs EPs à son actif, une asso récemment fondée et des gigs allant jusqu’à Ibiza, rencontre avec ce producteur prolifique, amoureux de musique électronique et d’Interstellar. 

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1 - Peux-tu nous parler de ton parcours musical, de ton enfance à aujourd'hui ?

J'ai commencé la musique très tôt à 6 ans. Mon père à toujours fait beaucoup de guitare et c'est un passionné de tous styles de musique donc j'ai baigné dedans très vite.

J'ai commencé par 7 ans de piano, axé sur le jazz, ce qui m'a permis d'apprendre le solfège mais surtout d'avoir un certain sens du rythme et de l'improvisation musicale. Aujourd'hui cela me sert énormément dans la composition de musique électronique ainsi que pour la pratique des percussions et synthétiseurs.

Après l'adolescence j'ai commencé à explorer les synthétiseurs et la MAO et je composais des instrus hip hop pour des groupes toulousains.

Ensuite, pendant plusieurs années la musique a pris moins de place dans ma vie et je me suis dirigé vers d'autres mondes.

 

Mais en 2013, un ami passionné d'électro m'a fait découvrir la techno et plus précisément la techno mélodique, avec des labels comme Parquet Recordings, Einmusik, Kompakt et plus tard Hungry Music. J'ai découvert des festivals comme le Sonar, le Monegros, l'Electro Alternativ à Toulouse... et j'ai pu découvrir des artistes tels que Solee, Nicolas Jaar, Joris Delacroix (article YourDJ juste ICI), Kolsch, Oxia, Nathan Fake... Cette musique a résonné fort en moi et cela m'a donné envie de reprendre la musique.

L'Album "Berlin Calling" de Paul Kalkbrenner à aussi été décisif pour moi, ce nouveau "son" et le souffle qu'il a donné à la techno ont beaucoup joué dans mon désir de composer de la musique électronique.

 

J'ai donc ressorti mes synthétiseurs, acheté un logiciel de MAO et j'ai commencé à produire mes propres tracks. Quelques temps après j'ai pu signer des titres sur de petits labels indépendants européens, ce qui m'a permis de me faire connaître progressivement.

Voyant que la musique prenait de plus en plus de place dans ma vie et persuadé que c'était ce que je voulais faire, j'ai décidé de quitter mon emploi pour m'y consacrer totalement. J'ai suivi une formation en MAO sur Toulouse, j'ai appris le live, le mix et j'ai commencé à me préparer une performance scénique car je ne faisais toujours pas de scène a cette époque.

 

2 - Peux-tu nous décrire ton univers musical, ce que tu aimes produire en live et tes inspirations ?

J'ai pris le temps de trouver mon propre style, en me servant de mes nombreuses influences, de mes années de piano et de percussions. Un style qui est donc très varié, allant du downtempo très lent à la techno puissante et agressive.

Pour faire simple je cherche toujours à transmettre des émotions fortes quelque soit l'énergie de ma musique, je m'aide de mes instruments pour cela. Une mélodie douce au clavier va accentuer le coté mélancolique d'un titre, tandis que les percussions vont ajouter du dynamisme et du rythme à un titre techno par exemple. J'aime beaucoup cet état de "transe" qu'apportent les percussions, cela se marie tellement bien avec la musique électronique.

 

En ce moment je suis inspiré par des artistes comme Darzack ou Kas:st dans le style techno, et sur le style downtempo ou ethnique ce sont des artistes tels que Satori, Niconé ou Nicolas Jaar qui m'inspirent le plus. Dans les deux styles ces artistes mettent la mélodie et l'harmonie au centre de leur compositions.

 

3 - Quel est ton parcours en tant qu'artiste à Toulouse ?

Il y a 3-4 ans quand j'ai décidé de tout arrêter pour la musique j'ai eu la chance de co-présenter l'émission de radio electro "Good evening Toulouse" sur radio FMR, ce qui m'a permis de rencontrer beaucoup de monde dans ce milieu et me constituer un bon réseau notamment avec les établissements et associations toulousaines.

Ensuite les choses se sont accélérées, j'ai signé des morceaux sur des labels plus importants, pris part à de nombreux projets musicaux avec des associations et artistes toulousains, notamment Karmaâ avec qui je collabore souvent. Certains de mes titres ont été partagés par des grosses chaînes et artistes influents. J'ai commencé à jouer dans plusieurs événements et salles (Connexion Live, Cri de la Mouette, Les Jardins Sonores, Festival Bel'Air, Followme, Le Metronum...) Mais aussi un showcase du label Labo T à l'antirouille à Montpellier, ma première date à Ibiza au Nikki Beach et pour finir mon premier Bikini il y a quelques mois en première partie de Joris Delacroix.



Aujourd'hui j'ai la chance de pouvoir vivre de ma passion car je suis intermittent du spectacle chez l'association REGARTS qui m'accompagne dans ce projet professionnel. 

Je travaille et collabore avec plusieurs labels (Labo T., Art Vibes, Faites Leur Des Disques, 3000Grad, Cosmovision, Lump, Deep Bali, Harabe, Artessa...) plusieurs artistes toulousains (Karmaâ, Idem Nevi, Bamdara, Aalson...) et associations (Technomotion, Focus, Xplicit Asso, Robins du Bois, Bel'Air...)

Nous avons aussi créé l'association CULTE avec les artistes Karmaâ, Bamdara, Emorine et moi même, pour proposer des événements différents, une musique downtempo électro "world" avec une dimension caritative.

Interview YourDj : https://www.yourdj.fr/article/lire-culte-le-nouveau-projet-toulousain-oeuvre-pour-l-acces-a-l-eau-potable-au-touareg/

 

4 - La question rien à voir : quel est ton film préféré ? 

Je suis un passionné de cinéma donc la question est très difficile pour moi. Pour rester dans le contemporain je dirais que c'est le film Interstellar par Christopher Nolan. Ce film m'a bouleversé, c'est un film quasi parfait pour moi. L'histoire et les acteurs sont incroyables, la musique de Hans Zimmer est tout simplement magique et la dimension scientifique est passionnante. En plus de susciter de grandes émotions, ce film nous fait réfléchir et repousse les limites même de notre compréhension des choses et de l'espace. Une véritable oeuvre d'art.

 

5 - Ton plus beau souvenir en tant qu'artiste ?

Je vais faire mon chauvin mais sans hésiter ma première fois au Bikini.

Quand Antoine du Bikini m'a contacté pour me proposer de faire l'opening de Joris Delacroix j'étais vraiment très heureux et je garderai ce souvenir longtemps. Cette salle est mythique pour tous les Toulousains et c'était un rêve pour moi de pouvoir y jouer un jour. De plus Joris Delacroix est un artiste que j'aime beaucoup et qui a longtemps fait partie de mes inspirations et motivations. Cette soirée a été magique, tout comme l'accueil du Bikini, fidèle à sa réputation.

 

6 - Des projets futurs ?

J'aimerai parler de mes envies pour le futur, mes projets mais avec ce qui se passe en ce moment on le sait, tout est remis en question. Les artistes doivent s'adapter pour continuer à partager leur art. De mon côté j'ai utilisé ce temps de confinement pour composer de nombreux morceaux, certains sortiront bientôt sur des labels. D'autres sont déjà sortis notamment mon track très techno "Crisis". Vous pouvez le trouver sur la compilation 'Quarantaine" par le collectif toulousain Pétrole. Je suis très heureux de faire partie de ce super projet et d'avoir été sélectionné parmi plus de 90 artistes et 140 titres !

Mon dernier EP Techno Rituals vient de sortir sur le label Faites Leur Des Disques et mes derniers titres Downtempo sortiront bientôt sur les labels Lump Records et Deep Bali, il y aura aussi une dimension caritative dans ces sorties, ce qui me tient à coeur.

J'ai aussi fait plusieurs livestreams avec d'importants soutiens tels que TRAX Magazine, Your DJ, Le Bonbon, Petites Pépites, 8day Montréal ou encore Le Petit Tou. Un livestream avec Les Robins du Bois en compagnie des artistes Scarfinger et Hallsax, ce qui nous a permis de récolter des fonds pour des associations toulousaines. Dernier projet du confinement : un remix du morceau "Jeunese Lève toi" de Saez que je fais en collaboration avec l'artiste toulousain IDEM NEVI. 



 

Concernant la scène je devais jouer une nouvelle fois sur la scène de notre cher Bikini, en compagnie des talentueux Darius et Oxia. C'est une date que j'attendais avec impatience mais la qui forcément a été annulée, j'espère de tout coeur qu'elle sera reportée et qu'on pourra vite refaire la fête tous ensemble.

En revanche vous pourrez me retrouver très prochainement en livestream avec mon ami Karmaâ pour les Aperocoromix, ainsi que de nouveaux et beaux projets, organisés respectivement par l'asso FOCUS et mon association CULTE. 

 

7 - Que peut-on te souhaiter pour la suite ?

De nos jours et avec ce qu'il se passe il est difficile de prévoir "la suite" avec certitude, je préfère donc me concentrer sur le présent, en espérant que l'activité culturelle reprendra vite et que les acteurs de ce secteur ne seront pas trop impactés. Comme beaucoup de djs et producteurs j'ai des envies de tour du monde, de jouer dans des endroits magnifiques dans différents pays mais je pense qu'il faut vivre autrement, plus simplement. Et je serai déjà très heureux si j'arrive à jouer plus souvent dans d'autres villes françaises et continuer à vivre de ma musique, ce qui est déjà une chance énorme.


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Publié le : 27/05/2020

 
Harold, rédacteur YourDJ

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Toulouse 
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